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mercredi 11 novembre 2009

Conflit Abouré-M'batto, historique fait par un abouré

Les Abouré de Bonoua traversent le fleuve Ono sur les terres Gwa (village deN’gokro) en 1894.

Le commandant de cercle de Grand-Bassam a envoyé le commandant de l’armée de PINEAU à N’gokro pour dire au roi du village que :<<>>. Le bateau du commandant PINEU marche toujours sur le fleuve Ono, cherchant les abourés. Sur la parole du commandant PINEAU, le roi GNANDJUI GOUA envoya son chef d’état major AKRE LOBA pour visiter la forêt.

Arrivé auprès du fleuve Ono, il sent l’odeur de la fumée, à un lieu bien calme, dans les racines d’un gros arbre ; le brave guerrier tire son épée et rampe dans les bois. Soudain il voit la fumée qui sort des racines d’un gros arbre. Il s’approcha et leur demanda ! Que faites-vous ici ? Il saisit l’un de ceux qui y sont pour lui couper la tête. Ils poussèrent un grand cris de pleurs et se mirent à genoux pour demander pardon, face contre terre. L’un d’eux prend la parole : Nous sommes venus nous cacher ici à cause de la guerre contre les Blancs. Par où êtes vous passés ? Nous avons traversé le fleuve en coupant des parassoliers en forme d’un bac, sur lequel les femmes, les enfants sont assis. Non, quittez la forêt car le commandant de cercle de grand-Bassam nous a dit de ne pas vous accepter et vous garder dans cette forêt. Hommes, femmes, enfants, tous à genoux, face contre terre demandèrent pardon.

Voici les noms de tous ceux qui ont traversé le fleuve Ono, ce sont : Assonhou et sa suite, Nogbou et sa suite, Bouadin et sa suite, N’moh et sa suite, Koblantiki et sa suite, Okré Amon et sa suite et Djoman de Moossou.

Le chef d’état major Akré est retourné au village rendre compte au roi Gnandjui Goua, né vers 1645. (sic)

Aprés un conseil d’attente, on apporta des vivres : tarots, bananes, cocos secs, maïs, ignames, etc. Pour garder la paix, ils ont demandé de boire du fétiche avec le roi. Non répond le roi ! Je ne suis pas d’accord parce que vous êtes des envahisseurs ! N’moh s’agenouille devant le roi et dit : si vous refusez, c’est que vous direz aux Français de venir nous tuer. Sur ce, le roi accepta et le fétiche fût pris.



Nous Abourés de Bonoua, la guerre nous a chassés et nous sommes venus rester dans la forêt de N’gokro, si le roi signale que nous sommes ici…suite…et que les tirailleurs sénégalais viennent nous tuer, que le fétiche tue tous les descendants du roi.

Gnandjui Goua prend la parole et dit : sur la demande de pardon de ces vieux Abourés, je les accepte sur le terrain provisoirement. Si près ma mort, ils prennent le terrain pour eux, qu’ils meurent tous aussi bien que leurs descendants.

Objets du fétiche

L’eau des rivières qui entourent le village, du rhum, le tabouret royal gratté, l’épée de guerre rincée, la lance rincée, la coquille rouge des huîtres placées sur l’épée et la terre de N’gokro, le tout mélangé dans un boisseau et boire.

Voici les arrières fils et neveux qui ont bu le fétiche :

N’moh, ses neveux, arrières neveux sont : N’d Wognin, Aka Ahoulin, Nogbou Gabriel, Guissi Ernest, Koblan, Assohou, son neveu Gbingbin,…Kou…son neveu Impi, ancien combattant

Les rois

Le deuxième roi de Bonoua N’dayé Oro mort en 1875

Son successeur Ehui Nogbou qui signa en 1884 la paix avec la France

Bissié, premier chef de Bonoua ;

Nogoflè 2eme chef de Bonoua ;

ATumo 3eme chef de Bonoua, Anouma 1er chef d’impérié

Alogne 4eme chef de Bonoua Anouon 2eme chef d’impérié

Coffée chef de Yaou Kacou chef d’adiaho

Le traité conclu le 22 Avril 1844

Après sa fuite, Kadjo Amangwa alla se cacher dans le campement de son beau-parent situé sur l’autre rive du fleuve Ono au cœur des bois. Le parent le signale discrètement au chef d’état major des Gwa de N’gokro, Akré Loba, qui à son tour rend compte au roi qui fait une note à Binger ; c’est ainsi que Binger recommande au commandant Pineau et sa compagnie d’aller chercher le guerrier Amangwa avec l’aide des guerriers Gwa.

Les deux équipes s’étant entendu, arrivèrent sur les lieux ; les guerriers Gwa disent à Pineau qu’une fois qu’il est saisi, vous verrez un oiseau (un colibris) qui viendra dans le bateau et en ce moment vous viendrez à la charge.

Akré Loba et son groupe le surprennent en train de lisser rotin. Arrêté et désarmé, le commandant PINEAU arrive avec le bateau, mais ne peut accoster. Les guerriers Gwa utilisent la pirogue avec leur technique de routine pour le faire monter à bord, mais en saluant le commandant des troupes françaises, le fait tomber, alors les tirailleurs l’ont saisi et ligoté sur le mât puis partirent pour Bassam. Mais arrivés à Adiaho, ils ont pris le roi OKYOUMOU Kacou et AHUI Nogbou de Bonoua qu’ils ont envoyé en exil au Gabon sur une île.

Voilà comment les Abourés de Bonoua ont pu s’installer sur la terre des Gwha.

Le conflit abourés-m'batto sur m'batto.blogspot.com

lundi 27 avril 2009

Conflit Abouré-M'batto, historique fait par un abouré

"Pour vous mettre au courant de la situation, permettez moi de vous exposer sommairement que :

Les Abourés sont les premiers occupants de la rive gauche de la Comoé et les Attiés, leurs voisins immédiats de longues dates, la rive droite.L’affluent ENoumodjé à son embouchure la pierre curieuse « Telèmin » est leur limite d’origine.

Les Mbattos ou N’gouman (leur nom d’origine) habitaient alors Abrobhi et formaient avec les Abidjis et les Ngouman-Ouest des peuplades sœurs. Des troubles éclatèrent, donnant naissance à des guerres. Vaincus, les Mbattos furent chassés les lieux. Dans leur fuite, ils eurent des chocs avec les Alladians, Ebriés etc…qu’ils traversèrent. Dans la région de Ebra (Abourés) le nomé Tchakrè Ibo accepta à leur traverser la lagune ; mais ils l’assassinèrent pour ainsi l’empêcher de révéler leur présence à ses compatriotes, à Mtan-Mtan, leur premier campement, ils furent battus par les Abourés de Ebra. Toujours fuyant, ils se fixèrent au Nord-Ouest de la région d’ONO (rive droite de la Comoé) et crèèernt deux campements de pêche qui forment les villages actuels de Abrah et Mongah,Plus tard leur tentative de s’installer dans la région de ONO (Abourés) fut rudement repoussée par les occupants en la personne de Adou Assoh et sa suite. Les Mbattos ne répliquèrent pas.

D’autre part au règne des chefs de canton Abourés : Thomas Koffi de Mooussou, Kouamé Yangra d’Adiaho et Aboua Nobou François de Bonoua, les Mbattos n’ont jamais manifesté aucun désir de revendication au sujet de la propriété foncière alors que les Abourés n’ont cessé de placer de vastes plantations industrielles sur les terrains soit-disant M’battos."

Extrait du courrier du 25 juillet 1956

Du président de l’Amicale des originaires de Bonoua à monsieur le Président de l’assemblée territoriale de la Côte d’Ivoire à Abidjan

Conflit foncier Abouré - M’batto, Le sous-préfet d’Alepé accusé

Le conflit foncier entre les Abouré et les M’batto (GWHA), dans la région d’Alepé, n’est pas encore résolu. L’une des parties en conflit, en occurrence la communauté M’Batto (GWHA), soupçonne l’Administration de vouloir faire un passage en force pour procéder à la délimitation de la zone litigieuse, sur la base d’un « protocole d’accord Abouré-Gwa du 27-04-1954 » dont l’authenticité est justement contestée par ceux-ci.

Les M’batto (GWHA) qui soupçonnent la première Dame Simone Ehivet Gbagbo de manœuvrer souterrainement au profit de ses parents Abouré, viennent d’ailleurs d’ajouter à leur liste de personnes travaillant à les exproprier de leurs terres, Mme le sous-préfet d’Alepé et le préfet du département. Selon les informations qui nous ont été rapportées, Mme le sous-préfet, sur instruction de son chef hiérarchique, le préfet, aurait pris sur elle, depuis le déclenchement de la crise, de geler la production de toute pièce administrative demandée par des requérants M’batto. Il s’agit notamment des documents produits par la sous-préfecture (actes de naissance, certificats de décès, etc). Cet acte de l’autorité administrative d’Alepé est perçu par les membres de la communauté Gwha comme une « guerre psychologique » qui leur est insidieusement menée par le représentant de l’exécutif pour les ramollir dans leur position et donner par conséquent l’avantage aux Abouré, soutenus par la Première Dame.

Nous avons tenté toute la journée d’hier, d’avoir en ligne, le préfet ou le sous-préfet d’Alépé pour avoir leur version des faits. Mais en vain. En attendant une issue à cette crise, tous les regards des Gwha, (M’batto) sont tournés vers le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, qui est saisi du dossier et qui s’apprêterait à recevoir au palais de la République la communauté des M’batto.
article paru dans l'inter en juin 2007