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dimanche 10 octobre 2010

Saintes paroles en Nghlwa



La parabole de l'enfant prodigue. 
Peinture contemporaine de Soeur Sainte-Anne, Afrique.

Le site Global Recordings Network s'est donné pour mission la traduction de la Bible dans toutes les langues du Monde. Vous trouverez donc sur cette tour de Babel numérique, un nombre impressionnant de podcasts de passages bibliques en libre téléchargement. Nous nous sommes naturellement intéressés aux extraits en N'glwa que nous vous proposons de découvrir ci-dessous.

La parabole de l'enfant "prodigue" [Luc 15]

«Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père: "Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir". Et le père leur partagea son avoir. 13 Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre. 14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l'indigence. 15 Il alla se mettre au service d'un des citoyens de ce pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. 16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait. 17 Rentrant alors en lui-même, il se dit: "Combien d'ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim"! 18 Je vais aller vers mon père et je lui dirai: "Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. 19 Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers". 20 Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié: il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. 21 Le fils lui dit: "Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils" 22 Mais le père dit à ses serviteurs: "Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. 23 Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, 24 car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé". Et ils se mirent à festoyer.


L'homme riche & Lazare [Luc 16]



D'autres extraits de la Bible en n'glwa, attié, ébrié et abouré sur le site Global Recordings Network.

mercredi 16 juin 2010

Conflit Abouré-M'batto : Protocole d'accord des 27 avril et 24 mai 1954

L’an mille neuf cent cinquante quatre, le vingt sept avril au village de MONGAH, subdivision d’ALÉPÉ, et le vingt quatre mai, au village d’ONO, subdivision centrale, se sont réunis sous la présidence de l’administratuer en chef du FOM, le commandant de cercle de GRAND-BASSAM, les Représentants dûment qualifiés des poplations Abouré et MBATTO, dudit cercle,

Étaient présents : M. Luc MONTANI, chef de la subdivision d’ALÉPÉ ET m ; PUECH, Inspecteur des Eaux- et-Forêts, Chef de l’Inspection de GRAND-BASSAM.

Représentaient la population Abourée (Subdivision Centrale) :

* M. Gabriel NEBOUT, chef de canton des Aborés et faisant fonction de chef de village de Bonoua
* BOGNI ADJA, Chef de quartier de Koumassi
* M. MOULO OBROU,CHEF de quartier de Bronouokro
* M.ASSAMOI BISSIE,chef de quartier de Bégnini,

Dépendant du village de Bonoua

Représentaient la population M’BATTO (Subdivision d’ALÉPÉ) :

* M.DJEDJI FA Edouard chef du village de Mongah,
* M. MONNEY DAINGUI,Chef du village d’Ingrakon
* M. ANOUMA François, Chef du village de Andou-M’batto
* M. ADIKO, Chef du village de N’gokro
* M. AHOUKOU BANDA Chef du village de Motobé


Le but de ces deux réunions était de définir ls limites administratives et coutumières de la Subdivision Centrale et de la Subdivision d’ALÉPÉ et de fixer les droits coutumiers de chacune des populations voisines.

Après discussion et reconnaissance des limites, les Représentants Abourés et M’battos, résolus à vivre en bonne intelligence et en citoyens loyaux et dévoués de l’Union française ont convenu ce qui suit :

../..

* LIMITES :

La limite des deux subdivisions sera définie par une droite partant du confluent de la Rivière ONO et du fleuve Comoé, et se dirigeant jusqu’à la borne 94 placé à la corne ouest du titre foncier 246 (PPO), dont le plan au 1/10.000° ? levé, dressé la 10 avril 1952 par M.J.DAT, géomètre, a été vérifié le premier juillet 1954 par le chef de la section topographique d’ABIDJAN.

De cette borne, la limite se confond avec la limite Ouest en passant par la borne 95 a B1.,et avec la Nord du titre foncier 246 (PPO) en passant par la borne B2, jusqu’à la borne B3.

De là, une ligne direction Sud-Nord sur une distance de 6 km atteignant la piste du partant du KM 13 de la piste de la SCAF,en direction EST6OUEST vers le campement de Koumassi et la Comoé.

L’intersection de ces deux pistes est* à 750 m. du KM 13. Elle sera matérialisée par une borne « A » installée par les soins du Service des EAUX-et-Forêts. De là la limite rejoint le campement de BONGO, Km 16 de la piste de la S.C.A.F.

De Bonge vers le Nord,la limite est constituée par la limite ouest de la réserve forestière de la Comoé. Cette réserve forestière dépend de la Subdivision Centrale

; toute la partie sise entre la réserve et le fleuve Comoé dépend de la Subdivision d’ALÉPÉ.

CULTURES—

D’un commun accord il est convenu :

-1°) Que toute la partie de la réserve de la Comoé sise à l’ouest de la piste de la S.C.A.F. du Km 7 700 au Km 16, soit 3000 hectares environ, qui est en cours de déclassement par le Service des Eaux-et-Forêts sera réservée aux planteurs M’BATTOS de MONGAH et Abourés de BONOUA, qui pourront s’installer en sollicitant l’accord de leurs chefs de village et en respectant les limites sus-indiquées. Il est spécifié que 300 Ha au Sud de la partie déclassée sont constitués des enclaves cultivées par des planteurs abourés.
Sur les 2700 ha. Déclassés et vierges d’occupants, 1800 Ha, à l’Ouest, vers la Comoé seront destinés aux planteurs M’battos, et 900 ha. Al’Est aux planteurs abourés.

* 2°) Que des enclaves d’une surface de 3000 ha. Ont déjà été délimitées dans la partie Sud de la réserve de la Comoé, à cheval sur la rivière Amia. Ces enclaves sont cultivées par des planteurs Attiés dépendant d’ONO, canton des Abourés.


STIPULATIONS PARTICULIÈRES

-1°) Le campement de BONGO, constitué par une majorité d’étrangers dépend du village de BONOUA, canton abouré de la Subdivision Centrale. Un chef abouré sera désigné, un chef étranger lui sera adjoint.

- 2°) Les Abourés qui pratiqueraient encore des cultures vivrières à l’intérieur du titre foncier 246 (PPO), seront recasés par les soins du chef de canton des abourés.

Il est convenu entre les Abourés et M’Battos :

1°) Que toutes les plantations existant à cette date, fixes ou annuelles, situées d’un coté ou l’autre de la limite, demeurent le bien de l’occupant, quelle que soit sa race. Il appartient aux chefs de village d’en faire le recensement sans attendre le recensement du Service de l’Agriculture.

2°) Tout terrain déjà défriché à ctte date ‘sous-bois et gros arbre abattus), c’est-à-dire prêt à recevoir des plants, sera considéré comme plantation existante.

3°) Toute nouvelle plantation à dater de ce jour, entreprise par les M’BATTOS ou les Abourés, ne pourra se faire sans l’accord des chefs de village respectifs, en se conformant aux règles coutumières.

4°) Tout planteur abouré ou M’batto, quelque soit le lieu de son installation dans les limites du cercle de Bassam, conserve la faculté de verser l’impôt personnel (minimum fiscal et planteur) à son village d’origine ./.

Fait à Grand-Bassam les jour mois et an/ [indiqué] ci-dessous

Le commandant de cercle :

F. LE MONTAIGUT ADMINISTRATEUR EN CHEF DE LA F.O.M.

mercredi 11 novembre 2009

Conflit Abouré-M'batto, historique fait par un abouré

Les Abouré de Bonoua traversent le fleuve Ono sur les terres Gwa (village deN’gokro) en 1894.

Le commandant de cercle de Grand-Bassam a envoyé le commandant de l’armée de PINEAU à N’gokro pour dire au roi du village que :<<>>. Le bateau du commandant PINEU marche toujours sur le fleuve Ono, cherchant les abourés. Sur la parole du commandant PINEAU, le roi GNANDJUI GOUA envoya son chef d’état major AKRE LOBA pour visiter la forêt.

Arrivé auprès du fleuve Ono, il sent l’odeur de la fumée, à un lieu bien calme, dans les racines d’un gros arbre ; le brave guerrier tire son épée et rampe dans les bois. Soudain il voit la fumée qui sort des racines d’un gros arbre. Il s’approcha et leur demanda ! Que faites-vous ici ? Il saisit l’un de ceux qui y sont pour lui couper la tête. Ils poussèrent un grand cris de pleurs et se mirent à genoux pour demander pardon, face contre terre. L’un d’eux prend la parole : Nous sommes venus nous cacher ici à cause de la guerre contre les Blancs. Par où êtes vous passés ? Nous avons traversé le fleuve en coupant des parassoliers en forme d’un bac, sur lequel les femmes, les enfants sont assis. Non, quittez la forêt car le commandant de cercle de grand-Bassam nous a dit de ne pas vous accepter et vous garder dans cette forêt. Hommes, femmes, enfants, tous à genoux, face contre terre demandèrent pardon.

Voici les noms de tous ceux qui ont traversé le fleuve Ono, ce sont : Assonhou et sa suite, Nogbou et sa suite, Bouadin et sa suite, N’moh et sa suite, Koblantiki et sa suite, Okré Amon et sa suite et Djoman de Moossou.

Le chef d’état major Akré est retourné au village rendre compte au roi Gnandjui Goua, né vers 1645. (sic)

Aprés un conseil d’attente, on apporta des vivres : tarots, bananes, cocos secs, maïs, ignames, etc. Pour garder la paix, ils ont demandé de boire du fétiche avec le roi. Non répond le roi ! Je ne suis pas d’accord parce que vous êtes des envahisseurs ! N’moh s’agenouille devant le roi et dit : si vous refusez, c’est que vous direz aux Français de venir nous tuer. Sur ce, le roi accepta et le fétiche fût pris.



Nous Abourés de Bonoua, la guerre nous a chassés et nous sommes venus rester dans la forêt de N’gokro, si le roi signale que nous sommes ici…suite…et que les tirailleurs sénégalais viennent nous tuer, que le fétiche tue tous les descendants du roi.

Gnandjui Goua prend la parole et dit : sur la demande de pardon de ces vieux Abourés, je les accepte sur le terrain provisoirement. Si près ma mort, ils prennent le terrain pour eux, qu’ils meurent tous aussi bien que leurs descendants.

Objets du fétiche

L’eau des rivières qui entourent le village, du rhum, le tabouret royal gratté, l’épée de guerre rincée, la lance rincée, la coquille rouge des huîtres placées sur l’épée et la terre de N’gokro, le tout mélangé dans un boisseau et boire.

Voici les arrières fils et neveux qui ont bu le fétiche :

N’moh, ses neveux, arrières neveux sont : N’d Wognin, Aka Ahoulin, Nogbou Gabriel, Guissi Ernest, Koblan, Assohou, son neveu Gbingbin,…Kou…son neveu Impi, ancien combattant

Les rois

Le deuxième roi de Bonoua N’dayé Oro mort en 1875

Son successeur Ehui Nogbou qui signa en 1884 la paix avec la France

Bissié, premier chef de Bonoua ;

Nogoflè 2eme chef de Bonoua ;

ATumo 3eme chef de Bonoua, Anouma 1er chef d’impérié

Alogne 4eme chef de Bonoua Anouon 2eme chef d’impérié

Coffée chef de Yaou Kacou chef d’adiaho

Le traité conclu le 22 Avril 1844

Après sa fuite, Kadjo Amangwa alla se cacher dans le campement de son beau-parent situé sur l’autre rive du fleuve Ono au cœur des bois. Le parent le signale discrètement au chef d’état major des Gwa de N’gokro, Akré Loba, qui à son tour rend compte au roi qui fait une note à Binger ; c’est ainsi que Binger recommande au commandant Pineau et sa compagnie d’aller chercher le guerrier Amangwa avec l’aide des guerriers Gwa.

Les deux équipes s’étant entendu, arrivèrent sur les lieux ; les guerriers Gwa disent à Pineau qu’une fois qu’il est saisi, vous verrez un oiseau (un colibris) qui viendra dans le bateau et en ce moment vous viendrez à la charge.

Akré Loba et son groupe le surprennent en train de lisser rotin. Arrêté et désarmé, le commandant PINEAU arrive avec le bateau, mais ne peut accoster. Les guerriers Gwa utilisent la pirogue avec leur technique de routine pour le faire monter à bord, mais en saluant le commandant des troupes françaises, le fait tomber, alors les tirailleurs l’ont saisi et ligoté sur le mât puis partirent pour Bassam. Mais arrivés à Adiaho, ils ont pris le roi OKYOUMOU Kacou et AHUI Nogbou de Bonoua qu’ils ont envoyé en exil au Gabon sur une île.

Voilà comment les Abourés de Bonoua ont pu s’installer sur la terre des Gwha.

Le conflit abourés-m'batto sur m'batto.blogspot.com

lundi 27 avril 2009

Conflit Abouré-M'batto, historique fait par un abouré

"Pour vous mettre au courant de la situation, permettez moi de vous exposer sommairement que :

Les Abourés sont les premiers occupants de la rive gauche de la Comoé et les Attiés, leurs voisins immédiats de longues dates, la rive droite.L’affluent ENoumodjé à son embouchure la pierre curieuse « Telèmin » est leur limite d’origine.

Les Mbattos ou N’gouman (leur nom d’origine) habitaient alors Abrobhi et formaient avec les Abidjis et les Ngouman-Ouest des peuplades sœurs. Des troubles éclatèrent, donnant naissance à des guerres. Vaincus, les Mbattos furent chassés les lieux. Dans leur fuite, ils eurent des chocs avec les Alladians, Ebriés etc…qu’ils traversèrent. Dans la région de Ebra (Abourés) le nomé Tchakrè Ibo accepta à leur traverser la lagune ; mais ils l’assassinèrent pour ainsi l’empêcher de révéler leur présence à ses compatriotes, à Mtan-Mtan, leur premier campement, ils furent battus par les Abourés de Ebra. Toujours fuyant, ils se fixèrent au Nord-Ouest de la région d’ONO (rive droite de la Comoé) et crèèernt deux campements de pêche qui forment les villages actuels de Abrah et Mongah,Plus tard leur tentative de s’installer dans la région de ONO (Abourés) fut rudement repoussée par les occupants en la personne de Adou Assoh et sa suite. Les Mbattos ne répliquèrent pas.

D’autre part au règne des chefs de canton Abourés : Thomas Koffi de Mooussou, Kouamé Yangra d’Adiaho et Aboua Nobou François de Bonoua, les Mbattos n’ont jamais manifesté aucun désir de revendication au sujet de la propriété foncière alors que les Abourés n’ont cessé de placer de vastes plantations industrielles sur les terrains soit-disant M’battos."

Extrait du courrier du 25 juillet 1956

Du président de l’Amicale des originaires de Bonoua à monsieur le Président de l’assemblée territoriale de la Côte d’Ivoire à Abidjan

Conflit foncier Abouré - M’batto, Le sous-préfet d’Alepé accusé

Le conflit foncier entre les Abouré et les M’batto (GWHA), dans la région d’Alepé, n’est pas encore résolu. L’une des parties en conflit, en occurrence la communauté M’Batto (GWHA), soupçonne l’Administration de vouloir faire un passage en force pour procéder à la délimitation de la zone litigieuse, sur la base d’un « protocole d’accord Abouré-Gwa du 27-04-1954 » dont l’authenticité est justement contestée par ceux-ci.

Les M’batto (GWHA) qui soupçonnent la première Dame Simone Ehivet Gbagbo de manœuvrer souterrainement au profit de ses parents Abouré, viennent d’ailleurs d’ajouter à leur liste de personnes travaillant à les exproprier de leurs terres, Mme le sous-préfet d’Alepé et le préfet du département. Selon les informations qui nous ont été rapportées, Mme le sous-préfet, sur instruction de son chef hiérarchique, le préfet, aurait pris sur elle, depuis le déclenchement de la crise, de geler la production de toute pièce administrative demandée par des requérants M’batto. Il s’agit notamment des documents produits par la sous-préfecture (actes de naissance, certificats de décès, etc). Cet acte de l’autorité administrative d’Alepé est perçu par les membres de la communauté Gwha comme une « guerre psychologique » qui leur est insidieusement menée par le représentant de l’exécutif pour les ramollir dans leur position et donner par conséquent l’avantage aux Abouré, soutenus par la Première Dame.

Nous avons tenté toute la journée d’hier, d’avoir en ligne, le préfet ou le sous-préfet d’Alépé pour avoir leur version des faits. Mais en vain. En attendant une issue à cette crise, tous les regards des Gwha, (M’batto) sont tournés vers le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, qui est saisi du dossier et qui s’apprêterait à recevoir au palais de la République la communauté des M’batto.
article paru dans l'inter en juin 2007